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 Chapelle, Chapelle, Dieu ! Que tu es sinistre... [PV Jeuv']

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Jude Memimger
Tueur(se) à gage


Messages: 23
Date d'inscription: 28/04/2009

MessageSujet: Chapelle, Chapelle, Dieu ! Que tu es sinistre... [PV Jeuv'']   Sam 16 Mai - 13:40

Jude posa le pied à terre. Elle avançait, droite et la tête haute, une allure fière, qui exprimait en fait une sûreté, une sûreté réelle.
Elle n'était pas trop sûre d'elle, elle n'était pas hautaine. Elle était réaliste, elle était juste. Elle était forte, la Jude, elle était forte.
Ses pas claquaient sur le sol gris, elle ne cherchait pas à les rendre silencieux.
Il pleuvait. Ses chaussures ne glissaient pas sur la route mouillée, ses chaussures noires, ouvertes sur le devant, lacées par une lanière de cuir qui montait à ses chevilles, entrelaçait ses jambes en une étreinte douce et royale, qui allégeait le talon haut, si haut, et large.
Avec ces chaussures, elle marchait sur le sol trempé et elle aurait pu même courir, sans jamais tomber. Elle était forte, la Jude, elle était forte, mes chers.
Elle ne tomberait pas, de toute façon, cela ne lui arrivera pas. Elle ne tombera pas, non, mes chers, nullement.
Ce sera vous, vous qui tomberez, à rester ébahis à observer ses chaussures et tomber, glisser sur le sol gris et mouillé, tandis qu'elle, Reine Hautaine, vous paraît-elle, marchera, encore et encore, mes chers.
Elle était forte, la Jude, elle était forte… Et elle l'est toujours.

Elle marche sur le sol, martèle de ses pas la pierre grise. Elle marche la tête haute, le dos droit. Elle marche, rapidement et tranquillement, ces deux mêmes opposés, semblant d'oxymore, de ce pas particulier, de son pas à elle.
Et sa robe, mes chers, sa robe, que je vais prendre le temps de décrire, aussi convenablement que possible, car il le faut, sa robe était protégée de son manteau, ce manteau même que je vous décrirai ensuite, également.
Sa robe est noire, d'un noir majestueux. Elle est découpée en trois, la première étant le haut, la seconde une partie et la dernière le bas. La première et seconde constituent un haut, la troisième une jupe.
La chemise, appelons cela ainsi, est divisée en deux. La première partie, mes chers, est faite d'une matière délicate, chère et précieuse, elle est froncée, des manches mi-longues recouvrent en partie ses bras, elles sont bouffantes en fin. La seconde partie est en fait un corset de petit taille, que l'on serre grâce à un doux laçage noir.
La jupe, la jupe semble être, mais cela n'est pas certain, de coton, du moins, elle est faite d'une matière aussi précieuse que le haut de la pièce, et de la même que le court corset.
Le col de cette robe est un col empereur, bordé de dentelle, une dentelle délicate, riche.
Un jupon vient gonfler royalement cette admirable robe, il est noir, lui aussi, et s'arrête cinq centimètres avant le bas du vêtement.
Un manteau, ai-je dit, vient parer les épaules de la chère fille, la recouvrir afin de la réchauffer, la protéger du froid.
Il est noir, également, autant que ses cheveux, quoique moins, car rien ne peut être plus noir que ses cheveux et ses yeux, il épouse parfaitement la forme de la robe, son col est travaillé, il est de matière précieuse.
Tout, absolument tout, est élégant, dans sa tenue. Elle est l'élégance même, vous ne le nierez pas, vous en seriez incapable. Son teint pâle, si pâle, ses yeux si noirs, ses lèvres si grises, naturellement délavées, décolorées, au teint violine, ses longs cheveux qui forment autour de son visage une couronne mortuaire, le raffinement de ses gestes, l'air majestueux, l'atmosphère mystérieuse, qui se dégage de la jeune fille, tout cela vous en empêcherait et, surtout, ses yeux, ses yeux si horribles…
Ils vous attirent, vous repoussent, vous attirent, vous repoussent…
Tandis que la manche de sa chemise noire dépasse élégamment de la manche de son manteau, vous observez ses yeux, à la couleur si terrible, ce noir si profond, tant profond, trop profond… Et les éclats dorés, qui scintillent au loin, vous aspirent, mais les lames tranchantes, cils de métal sombre, rompent l'accès, non, vous n'entrerez pas, vous ne pousserez pas les portes de ses iris, cela est interdit, cela vous est interdit.
Mais ils s'amusent ces yeux, ils s'amusent, ces yeux-là ! Ô combien !
Les ténèbres gisent en ses yeux, l'atroce y vit, la mort les hante. Ne cherchez pas à vous y aventurer, c'est bien trop dangereux, vous risquerez de vous couper…
Elle marche, la Jude, la forte Jude, elle marche.
Ses cheveux sont parés d'un Headpiece, d'une « pièce de tête », une rose fausse, sombre, couleur de la nuit, la nuit noire, un noir d'encre, cette même encre de Chine utilisée sur les anciens bancs de l'école, qui pare sa chevelure, aussi royalement qu'elle l'est, retenue, attachée, par deux bandes de dentelle, cette dentelle précieuse et chère qui est la même que la rose, qui se nouent sous le cou, avec élégance.
Des chaussettes, montantes jusqu'aux genoux, noires revêtent ses jambes, elles sont en haut bordées de dentelle, un ruban de satin entoure soigneusement le sous-vêtement.
Et, son cou, son cou si fin, si pâle, lunaire, supporte une chaîne d'argent, à laquelle pend une croix de même métal, un bouton de rose d'argent joint le centre, tandis que des inscriptions gravées figurent dans les quatre parties de la croix.
Et, fièrement, elle continue d'avancer, la jeune fille élégante, l'enfant royale.
La pluie tombe toujours sur le sol et les passants.

Elle ne sait pas où elle va, la jeune élégante, mais elle ne s'en soucie pas. Ce sont ses pas qui la mènent, où bon leur semble, elle n'a pas de raison de s'inquiéter.
Il ne fait pas nuit, non, il fait jour. Mais un ciel gris, si rare en ces lieux, un ciel gris, voile la clarté de l'astre doré, remplace le ciel bleu des beaux jours heureux, pour venir assombrir la petite vie des gens, ces passants si insouciants, dans cette ville si vivante, tellement vivante, trop vivante…
Cela fait treize jours, treize jours et non quatorze, qu'elle est arrivé ici. Et elle ne se perd pas, loin de là, mes chers, elle ne se perd pas, elle connaît déjà tout.
Elle s'amusera avec vous, vous fera tourner, danser, virevolter, jusqu'à tomber, épuisés, sur le parquet du théâtre, et, alors, les rideaux rouges, du riche velours, s'abaisseront, se fermeront, et vos yeux aussi, à tout jamais, la pièce sera terminée, ce sera là, votre dernière représentation, tandis que votre corps, votre si joli corps, sera enfermé dans un cocon de terre, si différent du ventre de votre mère.
La jeune fille élégante, si bien élevée et propre, avance et danse, elle s'amuse, avec cynisme.
Elle ne voit pas comme vous, elle voit au-delà. Elle n'est pas princesse, elle est déesse.
Une déesse noire, comme un ange de la mort, c'est un fantôme de Satan, un fantôme du Diable, revenu vous hanter, vous, mes chers, chers êtres vivants, et elle va vous conduire à son royaume, le doux royaume rouge, où tout n'est que rubis, sang devenu pierre, où tout n'est que flamme, âme devenue cœur, le royaume des Enfers, où gisent les mauvais, les moins bons, mais aussi les bons.
Ceci dit, mes chers, elle est faite d'élégance et de raffinement, la Jude, la forte Jude, et elle a aussi savoir du bon, tellement en savoir, qu'elle modifie tout, à son bon vouloir, et qu'on ne peut lui en vouloir, et si jamais vous osez penser cela, regardez donc ses yeux et alors, vous saurez, mes chers, vous saurez, que, non, vous ne pouvez pas lui en vouloir, vous ne pouvez rien lui dire, cela vous est impossible, au-dessus de vos forces, même les plus grandes, les plus puissantes, car son regard dépasse tout, absolument tout, ce que vous connaissez et que l'on ne connaît rien de tel, ce n'est pas à son regard que l'on s'habitue, non, jamais…

Allons, mes chers, n'ayez crainte, tenez vous droit et tranquille, et vous jouerez, encore et encore, dans le théâtre de la vie.
Ne la croisez pas, sa fiole est remplie, tout le temps, même quand elle est vide, et le temps vous manque, il manque toujours, continuellement, et manquera encore, sans jamais faillir à son devoir.
Le Temps, mes chers, est aussi vicieux que le sont ses yeux, et à peine le regardez vous, qu'il passe encore, que les secondes vous narguent, les minutes vous étourdissent, et les heures vous angoissent, le Temps, mes chers, vous demande souvenir, et on ne peut rien y faire, sauf se souvenir, et être happé dans le gouffre terrible d'une clepsydre, une clepsydre qui se vide.
Connaissez-vous le poète Baudelaire ? Célèbre poète, c'est de lui-même, que ces mots sont inspirés, de son fabuleux poème l'Horloge, qui ne dit rien d'autre, qu'une vérité étouffée, étouffante.
Jude, cette chère Jude, est arrivée au pied d'une chapelle, mes chers. Elle n'y entrera pas, non, elle restera devant, tenez, elle s'assoit, avec grâce et beauté, ferme ses jambes, sans les croiser, car une jeune fille ne se doit pas de croiser ses jambes, c'est bien trop vulgaire.
Elle a le dos droit, la tête haute, le regard noir, la Jude, la forte Jude, l'élégante jeune fille.
Toujours, mes chers, toujours, il en résultera toujours ainsi, même après sa mort, même à sa mort, mais, tenez, n'est-elle déjà pas morte ?
À son allure funeste, vous vous demandez, mes chers, si elle n'est pas un fantôme, une réincarnation, tant sa peau est pâle, tant ses lèvres sont violines, tant elle semble lointaine… Tant elle effarouche, tant elle vous effarouche…
Elle ouvre un livre, à présent, un très beau livre, et ses yeux… Ses yeux restent eux-mêmes, voyons, ils sont éternels.
Elle se délecte de ces mots, de ces phrases, mais vous n'en savez rien, absolument rien, son visage ne vous le permet pas.
Elle lit, tourne les pages, avec délicatesse et précaution, elle lit, avec un ardent plaisir, invisible pour vos pauvres petits yeux, porcins.
Elle vous entend, mes chers, elle entend vos pas, ce n'est pas parce qu'elle lit, qu'elle ignore vos pas, bien au contraire, elle sait tout, elle sait que vous êtes là, et n'y fait pas attention, à quoi bon vous porter attention, puisque vous ne valez rien ?
Elle lit, l'ange funeste, le fantôme des vivants, elle lit, Les Hauts de Hurle-Vent, œuvre d'Emily Brontë, cette pauvre femme, morte bien jeune, bien trop jeune.
Et vous, qui marchez, pressés que vous êtes, qui marchez, encore et encore, la regardez, avec étonnement, terreur, dégoût, tout ce que vous voulez, mais jamais avec indifférence, non, jamais, pauvres Hommes que vous êtes…
Elle est abritée sous une des voûtes de la chapelle, la pluie, qui tombe toujours, ne l'atteint pas, le manuscrit est protégé, les lettres se suivent.
Quelqu'un, oui, quelqu'un s'approche un peu plus, un peu plus que les autres, mais Jude ne regarde pas qui est cet imprudent inconnu, cet Homme imbécile, comme tous, elle lit, toujours, se fiche de savoir qui cela peut-il bien être, éperdument, et lit, encore, sans crainte de la mort, car elle se fiche aussi de mourir ou de vivre… N'est-elle déjà pas morte ?

Elle voit l'ombre, l'ombre plus sombre, plus sombre que le sol, entend les pas, les pas qui claquent, mais ne fait rien, absolument rien, et lit, encore.
Elle est éternelle, la Jude, la forte Jude, éternelle et éternellement semblable, pourtant, elle n'est pas anodine, ne le sera jamais, surprendra toujours, dans sa monotonie, car elle joue, la Jude, la forte Jude, elle joue, et la fiole, est remplie, même si elle est vide, la bague d'argent, sertie d'un carreau noir dans lequel figure une simple croix d'argent, se ferme, est fermée, et s'ouvrira peut-être, un jour…
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Jeuvodent רוצח של אלוהים
Tueur(se) à gage


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MessageSujet: Re: Chapelle, Chapelle, Dieu ! Que tu es sinistre... [PV Jeuv']   Dim 17 Mai - 9:56

Son regard se posa sur ce cadavre vivant alors qu'il passait si près d'elle. Oui elle était belle, oui elle était forte, oui... on la craignait d'un regard le tueur voyais cela, mais lui aimait les crainte, lui aimait les fortes, lui aimait les belles.

"Mademoiselle" posa t il l'impudent froid et posé de sa voix sinistre et douce. Il la dévisageait, si celle ci ne levait pas la tête, il se contenterai de son corps, si elle n'était que recouverte il se serait contenté de sa tête si avait eu un chapeau, sa belle chevelure lui aurait suffit.

l'homme ténébreux à la fois, se tenait devant elle, chemise sombre ouverte trop haut qu'on en voyait déjà le haut de ses pectoraux, son manteau de cuir marron, lourd et chaud couvrait ses épaules mais on aurait à peine remarqué celui ci. Son regard noir posé sur le livre de la jolie femme, lui adresserait elle un regard, qu'importe si non... lui avait trouvé un intérêt à la regarder. Son pantalon chaud et pourtant si fin en lin couvrait ses longues jambes musclés.


"La mort vous va si bien... et votre parfum ne peut qu'attirer la mort à vous... et " Il mit genou à terre devant elle. "Et je suis la mort mademoiselle... est ce vous qui me cherchez, ou moi qui vous cherchait ?"

La belle Jude, la forte Jude, elle était face à la mort incarné, devant un homme si bel homme froid et chaud à la fois, si mortel et doux, sa voix si sombre et douce... si voluptueuse et tendre.


"Pourquoi me semblez vous si familière ma demoiselle ?"
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Jude Memimger
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MessageSujet: Re: Chapelle, Chapelle, Dieu ! Que tu es sinistre... [PV Jeuv']   Jeu 4 Juin - 21:01

Une voix avait retenti, carillon polaire parmi l'atmosphère sinistre, au pied de cette chapelle, la grande chapelle, l'Imposante, la Vénérée.
Elle ne se sentait pas étrangère, au pied de cette chapelle, elle la connaissait, cette chapelle, elle les connaissait toutes.
Il y avait eu les coups, les regards froids, les paroles acides, la peur, la crainte, la terreur, l'habitude, l'indifférence, l'être, les leçons, les devoirs, les contrôles, les résultats, les notes, la poussière, l'humidité, les cafards, l'insalubrité, les petits repas, la faim, la famine, le jeun, mais pas seulement. Il y avait aussi eu les récitals, les cantiques, les prières, la croyance, la foi. La dépendance.
Elle était dépendante, dépendante de ce milieu, de ce qu'elle avait observé, de ce qu'elle approché, de ce qu'elle avait goûté, de ce qu'elle avait subi, de ce qu'elle avait aimé, de ce qu'elle avait intégré, de ce que...
De ce qui était elle.
Désormais, c'était elle, uniquement elle, et en même temps tous ces autres.
Ils étaient propres, ils étaient bons, ils étaient beaux. Ils avaient appris à ne jamais salir, ils avaient appris à ne jamais tomber, ils avaient appris à ne jamais briser, ils avaient appris à ne pas connaître l'erreur, ils avaient appris à connaître, ils avaient appris à s'intéresser, ils avaient appris à écouter, ils avaient appris à savoir, ils avaient appris le savoir, ils avaient appris à bien se tenir, ils avaient appris la politesse, ils avaient appris les bonnes manières, ils avaient appris l'élégance, ils avaient appris le raffinement, ils avaient appris le silence, ils avaient appris à se coiffer, ils avaient appris à se parer, ils avaient appris la perfection.
Ils étaient parfaits, absolument parfaits. Pauvres petites êtres parfaits qu'ils étaient, sans aucun défaut, sans faille. Sans faille autre que ce qu'ils étaient.
Ils avaient appris la perfection, ils étaient parfaits.
Mais leur perfection était celle du Mal.
Ils savaient se comporter, ils savaient, ils savaient être beaux. Ils croyaient, ils avaient foi.
Mais tout cela était Mal. Leur Perfection était Mal.
Leur Foi était Mal.
Ils avaient travaillé dur pour que ces êtres soient Parfaits. Ils avaient réussi.
Ils étaient les meilleurs, ils avaient tous eu les meilleurs résultats. Pas un seul n'avait descendu le seuil des trois notes glorieuses. Beaucoup n'avaient fait aucune erreur, absolument aucune.
Et chaque jour, en plus de la rudesse du travail, en plus de l'insalubrité de leurs chambres qu'ils nettoyaient parfaitement, en plus des repas faméliques qui leur suffisaient comme s'ils avaient dégusté un buffet royal, ils récitaient leurs prières dans la belle chapelle.
Ils étaient conduis par la Foi, mais elle n'était pas celle de tous.
Ils récitaient les mêmes prières, chantaient les mêmes cantiques, les mêmes Psaumes, mais ils pensaient différemment. Leurs interprétations étaient différentes. Ils croyaient en un même un Dieu, mais Il n'avait pas le même visage, ne détenait pas les mêmes valeurs, ne revendiquait pas la même Voie.
Il y avait les catholiques, les orthodoxes, les protestants, et eux.
Eux, à part, différents. Les Ecritures sont les mêmes mais les Pensées dissociables.
Tout vient de la base. Eux ont pour idée que tous ces personnages ne sont qu'un leurre, que Dieu est un leurre, qu'ils masquent tous la Vérité.
« Mais si tout n'est qu'un leurre, si Dieu l'est, pourquoi est-ce le même, pourquoi y croient-ils ?
Dame ; Pourquoi, Dame, s'Il est leurre, y croyons-nous ? Dame ; Pourquoi, Dame, est-ce Lui également ? »
Ce sont ces questions posées par autrui, ces questions posées par les Nouveaux.
Mais parce que Son Apparence est un leurre, Lui existe. Il porte un masque, il faut savoir le soulever.
Et c'est ce qu'ils font. Ils soulèvent le masque, ils étudient les textes Saints et en retirent des interprétations différentes, bien différentes, que celles que l'on peut avoir autrement.
Dans son école, son école, à la Jude, on y apprenait les bonnes manières, on y apprenait la connaissance, on y apprenait la propreté, mais on y apprenait aussi la foi, mais pas celle de tous.
On ne rentrait pas par hasard dans cette école. Chaque élève était scrupuleusement étudié avant d'avoir l'autorisation de venir étudier. Il n'y avait pas qu'un simple regard au dossier scolaire, on allait espionner les élèves chez eux.
Cependant, il y avait deux parties dans cette école. La partie normale, semblable à tout lycée, et celle où Jude a pénétré, cette partie inconnue sauf des acteurs.
La différence était nettement marquée entre les deux pôles : l'attitude était plus silencieuse chez les religieux que les athées, les notes étaient meilleures... Et la discipline y faisait, entièrement.
Mais, croyez-moi, mieux valait ne pas être avec Jude, les athées valent bien mieux.
Leurs esprits, à eux, sont sains.
De surcroît, y était enseigné de douteuses méthodes concernant la mort et le comment la donner.
Cette école, cette ambiance, lui manquait... Atrocement. Elle en était partie, mais Ils savaient, Ils savaient les dirigeants, qu'ils pouvaient les laisser partir, car une fois entrés, ils ne partaient jamais totalement, ils étaient toujours là, chez eux, et un vide, une douleur, les étreignait. Ils pouvaient tranquillement les laisser partir, les élèves ne diraient rien, et ils seraient à jamais marqués de ce qu'ils avaient appris et vivraient éternellement ainsi.
Non, bien sûr, bien sûr que non, elle ne se sentait pas mal à l'aise, au pied de cette chapelle. Elle pensait juste différemment.
Mais...Revenons à la froide voix qui l'avait saluée d'un « mademoiselle ».
Elle ne releva pas la tête et attendit.

La voix s'éleva encore, et elle l'écouta. Il avait posé une question, et elle se devait de répondre, même s'il n'attendait aucune réponse.
La mort... Il était la mort ? Et elle l'attirait ? Elle attirait la Mort. Entendait-Il cela ?
Il en serait réjoui, sûrement.
La Mort lui allait bien ? Quelle douce nouvelle, quelle merveilleuse parole…
Qui cherchait qui ? Mais, voyons, quelle belle question rhétorique qui était posée là…

« Je ne cherche personne, Sieur. Mais il me semble que la Mort vient d'Elle-même et qu'on ne peut que l'accepter. »

Sa voix si calme, si posée, si tranquille… Si froide. Cette phrase semblait banale, si banale dans sa bouche… Comme l'on dit bonjour, comme l'on dit bonsoir. Mais cela peut-être plus difficile, parfois.
Elle releva la tête, d'un mouvement de grâce et d'élégance. Son regard s'ancra dans ceux de l'homme.
Non… Non, il était bien grand, bien trop. Elle dut lever plus haut son visage pour pouvoir planter ses yeux dans ceux de l'homme qui lui faisait face.
Oh ! Elle lui semblait familière ? Etrange, étrange chose que voilà… Non, pas du tout. Cela ne la perturbait nullement.
Un autre aurait pensé que cette personne était répugnante et perverse, n'avait qu'une idée en tête, celle de posséder, l'espace d'un temps, un être de chair.
Mais elle n'était pas cet autre, elle n'avait pas de telles pensées, elle pensait au-delà.
Et dans ses aux-delà, elle entendait la voix sombre et douce, la voix tendre et voluptueuse qui lui demandait pourquoi elle lui semblait familière.
Elle entendait la voix, elle voyait la question, et créait un pont d'un plumage noir afin de voir au-dedans.

« Les gens semblent et se ressemblent, Sieur. Une personne inconnue est un être connu. Nous nous connaissons tous, même si nous ne nous sommes jamais vus.
On peut sembler familier à un être, sans l'avoir jamais vu, sans avoir jamais été vu par cet être. Les auras sont si grandes, que les semblables se trouvent mêmes. Elles s'appellent et s'attirent, Sieur, cela n'est pas de notre ressort.
Je vous semble familière, avez-vous dit, Sieur. Peut-être est-ce parce que je vous suis semblable, Sieur. Peut-être est-ce parce que je vous suis différente. »


Elle avait parlé, elle avait répondu.
Son livre était refermé, posé à ses côtés, soigneusement.
Ses yeux n'avaient pas quitté ceux de l'homme, l'homme qu'elle nommait Sieur. Elle ne les nommait pas tous Sieur, seuls les hommes dont elle appréciait l'aura, seuls les hommes qui lui paraissaient sombres, y avaient droit.

Elle aimait ce soir, auprès de cette chapelle, elle aimait ce livre, et elle appréciait ce Sieur.
Il aurait parut de mauvais augure à autrui, mais lui plaisait à elle. Elle aimait les plumages noires, elle aimait le funeste délaissé, elle aimait les pattes de noir velours, elle aimait les sombres et doux, les agneaux du Dieu, le Dieu qu'elle percevait.
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Jeuvodent רוצח של אלוהים
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MessageSujet: Re: Chapelle, Chapelle, Dieu ! Que tu es sinistre... [PV Jeuv']   Mer 10 Juin - 15:07

Le tueur à gages sourit à la femme, Sieur, il aimait s'entendre appelé ainsi, si rare et si raffiné. "Probablement que nos auras sont semblables mademoiselle." Il restait plongé dans son regard, si sombre "Et peut être êtes vous aussi la mort ? Mademoiselle..."

Perdu dans ce regard profond, il sentait à la fois un néant s'étirer face à lui et un mur imminent, paroi infranchissable de cette femme.

"La mort vous va si bien, elle coule de vous comme une eau d'une source.... jamais auparavant pareil ... aura" Il s'asseilla au coté de la femme, ses mains sur ses genoux, "On ne peux que l'accepter, mais vous... on viendrait vous chercher mademoiselle, pour connaitre la mort, pour connaitre votre aura, et ... " Il sourit de plus belle "pour savoir"

Elle sentait bon, elle était belle, elle était la mort, et lui était son double... Elle était douce, et lui la violence... la mort violente et brutal... elle... la mort douce et longue... probablement était elle la plus... méchante...

"Mademoiselle, accepteriez vous de venir parler avec moi, un endroit plus tranquille... nous ne nous connaissons, mais je semble pourtant vous connaitre depuis toujours..."

Le tueur regarda la chapelle, le confessionnal.
"Venez vous faire pardonner mon enfant..."

Calmement l'homme entra, arrivé face au confessionnel, le curé à l'intérieur expira une dernière fois, une balle dans la tête du silencieux du tueur le fit dormir à jamais. Le tueur s'installa, attendant que l'autre femme le rejoigne.

Elle s'installerai, il le savait, elle était la mort, et il l'intriguait comme elle l'intriguait...
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Jude Memimger
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MessageSujet: Re: Chapelle, Chapelle, Dieu ! Que tu es sinistre... [PV Jeuv']   Ven 7 Aoû - 13:21

La mort, elle, la mort ? Peut-être bien. Peut-être bien qu'elle gardait avec elle des fioles de poison, de doux poison… Peut-être bien, qu'il y aurait un théâtre, un joli théâtre, avec un mort, si doux mort…
Peut-être bien.
Peut-être pas.
On viendrait la chercher, elle ? Pour connaître la mort ? Pour savoir ? Oh, non. Non, jamais. Pauvres gens… Pauvres petites gens.
Un endroit plus tranquille ? Parler avec lui ? Pourquoi pas. S'il voulait. Après tout.
Comme il voulait.
Elle s'en fichait, elle. Elle s'en sortirait.
Elle s'en sortait toujours.
Et même si elle ne s'en sortait pas, elle s'en sortait.

Le regard du Sieur se posa sur le confessionnal. Se faire pardonner ? Mais de quoi, vous prie-je ? Elle n'avait rien à se faire pardonner.
Elle était déjà pardonnée. Pardonnée de Lui. Et, de toute façon, ses actes étaient les Siens. Ceux qu'Il appréciait.
Oh ! Comme l'internat lui manquait… Son petit internat de silence… Ces pierres si vieilles… L'atmosphère si confuse… Et son âme qui errait, fantôme.
Comme elle aurait voulu y retourner… Comme cette chapelle était belle. Comme elle était belle…
Bien sûr. Bien sûr qu'elle allait suivre l'homme. Juste pour être au plus près de la chapelle. Juste pour être avec Lui. Lui… Un jour, elle le rejoindrait. Un jour, Ils riraient ensemble. Comme Miss Adge riait avec Lui désormais.
De son rire, si terrifiant, lui avait-il apparu les premières fois où elle l'avait entendu. Mais ce n'était autre que la douce chanson de la Nuit. La Nuit si Noire…

L'homme était entré, la Mort avait répandu son offrande, le curé n'était plus, balle dans la tête, filet de sang s'écoulant.
Il s'était installé.
Elle irait. Elle attendit juste un peu.
Puis se leva, dans ses habits de noirceur, funeste noirceur.
Elle s'agenouilla auprès du feu curé. Traça à l'aide du sang, sur son front, un dessin énigmatique… Héritage de son école, sa précieuse école, celle où elle avait tout appris. Elle murmura quelques mots, secrètement, à l'abri… Il partirait vers Lui, qu'il ne s'inquiète pas.
Elle passa sa squelettique main sur sa morte joue et vint s'installer à son tour dans le confessionnal.

Elle se tint droite, releva la tête. Son regard était sombre, toujours aussi sombre, de ses yeux qui attirent et repoussent, de ses yeux si dangereux, si indésirables… De ces yeux-là, ceux-là même, dont on aurait voulu ne jamais rencontrer les prunelles.
Les lames de ses cils tuaient d'un coup net, tandis que ses doigts donnaient la mort lentement… Douloureusement.
Elle, n'était pas pressée. Contrairement à tout ces gens… Tout ces gens si pressés… Qui ne faisaient pas attention, ni à eux, ni à autrui. Qui tombaient, bousculaient, tachaient, froissaient. Il suffisait pourtant, il suffisait juste, de faire attention.
Et vous auriez été, mes chers, comme Violet, Violet la sombre. Mais elle vous effraie, n'est-ce pas ? Elle n'est pas méchante, pourtant, je vous assure.
Elle est affable.
Comme la Mort, la sombre Mort. Avez-vous lu La voleuse de livres ? Non ? Et bien, vous devriez. Car Jude, notre chère enfant, est dans la lignée de l'affable Mort. Elle, elle l'a lu, ce livre. Et elle a beaucoup aimé.
Je vous accorde, qu'elle est moins affable que la Mort, la Jude, mais elle l'est un peu. C'est déjà bien. C'est suffisant.
Mais… Revenons, revenons vers le Sieur, voulez-vous ? Jude attendait. Elle est patiente. Elle sait attendre, elle. Pas comme vous. Oh ! Je m'égare encore, veuillez m'excuser.
Le Sieur et la demoiselle. La mort et la mort.
Stupide, n'est-ce pas ?

Le Miserere retentissait dans les oreilles de la demoiselle, tandis qu'elle était dans ce confessionnal. Tandis qu'elle était auprès de cette chapelle. Tandis que virevoltaient des souvenirs, dans son impuni esprit.
Mais elle était concentrée, également. Concentrée sur le Sieur, sur l'attente. Elle verrait bien. Elle saurait. Cela ne la dérangeait pas. D'attendre.
Elle ne se posait pas de question sur la suite. Elle s'en fichait bien. Elle verrait au moment venu.
Elle fixa ses yeux dans ceux de l'homme.
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